Devoir de vigilance banque alerte

Devoir de vigilance : la BNP Paribas devait alerter son client, victime d’une escroquerie financière.

Plan de l'article

Le Tribunal judiciaire de Paris a condamné la BNP Paribas à indemniser son client pour de nombreux manquements à son devoir de vigilance en présence d’anomalies apparentes dans le compte bancaire.

Rappel des faits

En 2015, Monsieur X a été démarché par une plateforme frauduleuse d’investissements spécialisée en placements immobiliers viagers. Celle-ci a promis d’une part, des gains importants et d’autre part, une rentabilité rapide et certaine de l’investissement.

Depuis son compte bancaire ouvert à la BNP Paribas, Monsieur X a émis, à la demande de la plateforme frauduleuse, plusieurs virements à destination de comptes bancaires de sociétés étrangères pour un montant total de 205.000 euros.

Très rapidement, la plateforme frauduleuse est devenue injoignable et Monsieur X n’a jamais pu récupérer ses fonds.

Dans ces circonstances et estimant que la BNP Paribas n’avait pas respecté son devoir de vigilance à l’égard du fonctionnement manifestement inhabituel de son compte bancaire, Monsieur X a assigné sa banque, la BNP Paribas, afin d’obtenir réparation de son préjudice financier.

La BNP Paribas avait le devoir d’alerter son client

Le Tribunal judiciaire de Paris a, avant toute chose, rappelé que :

« s’il est vrai que la banque tirée est tenue d’exécuter les ordres non équivoques de son client quand le crédit sur le compte permet de réaliser ces opérations, il n’en demeure pas moins qu’en présence d’anomalies apparentes, elle devait, à raison de son devoir général de vigilance, alerter le donneur d’ordre, pour obtenir leur confirmation« 

Source : TJ Paris, 29 mars 2018, n°16/12684

Ensuite, les juges ont énuméré plusieurs anomalies intellectuelles apparentes qui affectaient le compte bancaire de Monsieur X :

  • Première anomalie intellectuelle relevée : la fréquence d’exécution des virements. En effet, le jugement retient que « monsieur X procédait à plusieurs virements dans un laps de temps d’environ 5 mois, du 27 août au 2 décembre 2015, portant sur une somme globale de 205.000 euros« .
  • Deuxième anomalie intellectuelle relevée : le rejet de certains virements par la banque étrangère. Plusieurs virements avaient ainsi été rejetés par une des banques bénéficiaires étrangères notamment pour des motifs règlementaires internes à la banque étrangère ;
  • Troisième anomalie intellectuelle relevée : l’activité inhabituelle du compte bancaire. Le client de la BNP Paribas avait en effet racheté son épargne pour la virer vers des sociétés étrangères. Pourtant, le fonctionnement antérieur de son compte bancaire traduisait la réalisation d’opérations très modestes.
  • Quatrième anomalie intellectuelle relevée : le montant important des virements exécutés. La BNP Paribas a exécuté plusieurs virements supérieurs à 30.000 euros ;
  • Cinquième anomalie intellectuelle relevée : l’alerte émise par la compagnie allemande Allianz. Celle-ci avait publié un avertissement désignant la plateforme frauduleuse « Allianz trade holdings ». Elle invitait également ses lecteurs à n’effectuer aucun paiement par son intermédiaire. 

Malgré la présence de nombreuses anomalies intellectuelles apparentes, la BNP Paribas n’a, à aucun moment, exercé son devoir de vigilance.

A ce titre, le Tribunal judiciaire de Paris a ainsi considéré que :

« Ces anomalies intellectuelles auraient alors dû attirer l’attention de la société anonyme BNP Paribas et ce, de manière indubitable« 

Source : TJ Paris, 29 mars 2018, n°16/12684

La BNP Paribas tenue de réparer la perte de chance de son client

Au regard de ces manquements, le Tribunal judiciaire de Paris a établi que la BNP Paribas avait privé Monsieur X d’une chance de ne pas effectuer les virements litigieux et de conserver les fonds investis :

« Le préjudice en lien direct avec ce manquement est la perte de chance de monsieur X de n’avoir pas investi dans ces opérations effectuées au profit de la société frauduleuse Allianz trade holdings« 

Source : TJ Paris, 29 mars 2018, n°16/12684

A ce titre, le Tribunal judiciaire de Paris a condamné la BNP Paribas à indemniser son client à hauteur de 15.000 euros.

Décision commentée : Tribunal judiciaire de Paris, 29 mars 2018, RG n°16/12684

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